Miss Geekette

Une geekette, c’est comme un geek… mais au féminin


Réalisé par Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre, ce documentaire se veut être un appel à la raison, mais ne soyons pas naïf un tel appel ne peut se présenter sous forme cinématographique en touchant un public si restreint du Nord, alors qu’il a pour ambition d’exposer des problèmes mondiaux. Bref, malgré ce synopsis  guère à mon gout, j’ai été voir ce documentaire sans à priori.

syndrome du titanic

Tout commence par une narration de Nicolas Hulot lui-même, très sobre, un ton posé et sévère : on comprend que le sujet est important et que l’heure est grave. Cependant, le début du film est assez mou, on nous expose des successions d’images, sans guère d’explication … on reste sur notre faim et attendons que tout cela s’active. Au bout de quelques dizaines de minutes, nous comprenons que nous sommes dans une première partie qui tente de faire un constat de l’état de notre planète mais non pas sur une base écologique mais plutôt sociétaire. Et c’est la le point central de ce documentaire, il est enfin admis et mis sur écran Français que l’écologie n’est pas un problème indépendant des autres touchant ce monde, il est directement lié aux inégalités et aux excès de l’Humain. Tout cela s’entremêle et la résolution d’un problème ne peut se faire sans celle des autres.

Les excès (maitre mot du doc) et l’inconscience humaine sont ainsi mis en avant grâce à de splendides et puissantes prises de vue, les contrastes sont parfaitement mis en évidence, bref, le montage ne laisse rien à redire. Quelques clichés me resteront ainsi gravés dans la tête un bon bout de temps. Afin d’accompagner cela, la narration d’Hulot reste présente avec des propos dont le moindre mot à son importance, les discours sont travaillés et rien n’est laissé au hasard. En plus de cela, quelques citations d’Hommes connus ou reconnus sont introduites à des moments clés,  outre leur pertinence sans faille, cela permet de crédibiliser les images et surtout de leur donner un encrage direct dans la société contemporaine. Le constat réalisé de notre monde est donc sans nul doute réussi.

Cependant, constater c’est bien, mais donner des bribes de solution est d’autant plus fondamental. Et c’est bien la le point noir de ce documentaire, il n’apporte quasi aucun élément de solution, quasi aucune mesure à prendre n’est dévoilée. Ainsi, quelques idées se comptant sur le doigt d’une main sont citées dont la principale étant …l’utilisation de l’énergie solaire. Il n’y avait pas besoin d’un film d’une heure et demi pour comprendre que les énergies dîtes renouvelables sont essentielles pour notre futur. Au final, on se retrouve donc avec un documentaire à moitié achevé, c’est dommage.



8 réponses à “Le Syndrome du Titanic”

  1. bibi le 19 oct 2009 | Répondre

    Bonjour
    Il vous manque les solutions dans ce film… mais n’avez vous pas l’impression que participer à endiguer la surconsommation, le gâchis est une des solutions, voire LA solution
    non pas pour être dans une décroissance idéologique mais bien pour pouvoir préserver l’essentiel pour tous plutôt que le superflu pour certains
    et chacun de nous n’a-t-il pas sa part.
    et décider collectivement de le faire – c’est là un réel acte citoyen. En tous les cas c’est ce que le film a provoqué en moi. une énorme envie d’accélérer, de prendre mes responsabilités vers un changement juste

    je vous recommande de lire les réponses de Nicolas Hulot aux questions posées par les spectateurs http://www.fondation-nicolas-hulot.org/faq/faq-le-syndrome-du-titanic`

    bonne journée

  2. xnnc le 19 oct 2009 | Répondre

    Je n’ai pas encore vu le documentaire, mais je pense que l’absence de présentation de solutions est un choix en soit.
    En effet, je pense que ce film veut réveiller la problématique écologique d’un plus grand nombre, ceux qui jusqu’à présent se disent écolo parcequ’il bourre une poubelle à carton sans les plier ou mettent des bouteilles plastiques dans les conteneurs à verre. Ceux aussi qui se disent écolo mais qui consomment comme 15 et qui en jettent la moitié sans que cela les choque. Bref, réveiller tout ce petit monde et leur dire qu’ils n’ont pas le bon comportement. ET si cela peut réveiller certaines consciences c’est déjà bien. Car les solutions simples éxistent depuis longtemps, consommer raisonnablement, trier ses déchets, c’est la base qui n’est pas encore acquise par tout le monde.
    J’en profite pour parler de la SNCF qui prônent à grand coup de marketing son ferroroutage, ils ont simplement 20ans de retard sur des pays comme la Suisse (ok plus petit mais la France possède un des plus grands réseau ferré d’Europe il me semble). Alors profiter d’une prise de conscience pour se faire mousser alors que la solution est possible depuis longtemps et qu’ils n’ont simplement pas pris la peine de proposer des tarifs alléchant pour lancer la révolution, vive la sncf….
    Excuse moi, mais j’en parle depuis 3ans à mon entourage, depuis que j’ai quitté Paris, et de voir la pub m’ennerve.. grrr..
    Bref, passons. Espérons que le film fera bouger quelques mentalités de plus.

  3. Karo le 19 oct 2009 | Répondre

    @xnnc : je te comprends concernant la pub SNCF, ça me fait le même effet de savoir qu’ils auraient pu le faire depuis bien longtemps et que maintenant ils profitent de la vague écolo pour se mettre en avant et enfin faire une proposition intéressante.

    @bibi : je vais lire avec interet le lien que vous m’avez donné. Mais pour vous répondre rapidement, nous critiquons simplement le fait qu’il aurait été intéressant de proposer dans le documentaire des solutions aux problèmes abordés dans celui-ci. Je suis d’accord avec vous sur la prise de conscience collective, l’acte citoyen de l’Humanité pour que chacun prenne enfin en compte ses responsabilités. Ce film, s’il est vu par le plus grand nombre, fera peut être avancer les choses au niveau de l’individu. Mais nous voyons déjà que la prise de conscience est belle est bien présente au niveau des politiques mondiales, que le développement durable devient une condition sinequanone de tout grand projet, qu’il devient un indice de sélection et d’évaluation.
    Mais je reste cependant assez pessimiste, et j’aurais aimé voir des solutions à grande échelle, c’est assez simple de dire « voila ou nous en sommes » mais il reste la question de savoir « que faisons nous maintenant? »

  4. farfadette le 19 oct 2009 | Répondre

    Je ne connaissais pas du tout l’existence de ce documentaire :s mais bon comme tous les reportages de Nicolas hulo il manque un je ne sais quoi qui nous donnerais tant ! C’est beau de son coté de nous montrer de belles images, de nous montrer ce que nous faisons a la nature mais il n’y a rien de plus… On aimerait tant savoir ou comment faire ! Je verrais si avec mon homme on ira le voir :)

  5. Miss_Kan le 19 oct 2009 | Répondre

    @bibi
    Non et non … aucune solution n’est réellement donnée et il ne suffit pas de prôner de grandes idéologies utopistes pour qu’elles s’appliquent. C’est un peu le même principe que les propos constitutionnels de nos préambules, ou encore la DDHC: c’est beau, idéologique, utopiste mais bien souvent inapplicable en Droit Français sans une loi précisant les choses et c’est d’ailleurs pour cela qu’elles sont présentes. Bah ici, c’est la même chose: réaliser un constat des sociétés excessives est un fait concret, mais affirmer que l’arrêt du superflu va résoudre les problèmes entre-croisés d’ordre écologique, sociétaire, de justice et d’égalité est pure foutaise: c’est de la démagogie.

    D’ailleurs, cela au même titre que les « actes écolos » du quotidient (exemple caricatural: fermer son robinet en se lavant les dents) car ils ne sont applicables que dans des sociétés ou l’excès est justement de rigueur et l’idée même d’économie totalement inhibée par la société de consommation crée par le capitalisme. Et c’est bien naïf de penser que cela puisse avoir un impact considérable puisque ne s’adresse qu’à des sociétés du Nord, soit une infime partie de la population mondiale.

    Bref, ce documentaire est tout sauf une réponse aux problématiques centrales dont notre monde fait aujourd’hui l’objet, ce n’est que pure constat qui pourra au mieux donner quelques vocations à des personnes qui, peut être, pourront elles faire bouger/changer les choses.

  6. xnnc le 20 oct 2009 | Répondre

    @Miss_Kan : point de vue intéressant qu’est le tien, sujet à débat évidemment, mais je ne suis pas très bon dans ce genre d’exercice. Mais si on demande des efforts aux pays développés (enfin, je n’aime par de terme, mais c’est ainsi), c’est bien parcequ’à la base ce sont eux qui ont foutu la merde, et qu’ils consomment plus de ressources naturelles que le reste du monde.
    Et perso, oui, je ferme mon robinet quand je me brosse les dents, et j’en suis fier, car non seulement je consomme moins d’eau, mais je trouve inutile de la faire couler alors que tu ne fais que la regarder. Oui je tri mes déchets, je fais du compost pour mon jardin, je réutilise le maximum de choses possibles, j’ai horreur de jeter (cela devient une gêne parfois ^^), mais au delà du côté écolo qu’il est donné de ses actes aujourd’hui, à l’époque de mes parents, cela s’appelait du bon sens, et permettaient de faire des économies, mais surtout on ne jetait pas pour le plaisir car on connaissait la valeur des choses. Je suis fier de suivre leurs traces sur ce point, et je déplore seulement que des personnes ne le fassent pas sous prétexte que pour eux ce n’est pas LA solution. Il n’existe pas UNE solution, mais un ensemble de solutions cohérentes qui vont faire qu’un jour peut-être cela changera un peu.

  7. Miss_Kan le 21 oct 2009 | Répondre

    Les actes que tu cites, ce que j’ai appelé les actes écolos du quotidien pratiqués dans les pays du Nord par le petit peuple, je ne dis pas qu’ils sont inutiles, ou du moins qu’il ne faut pas les pratiquer. Car, tu le soulignes bien, c’est une question par dessus tout de bon sens, mais cette notion est directement liée à l’éducation.
    Bref, les pratiquer est une chose, qui devrait être normale (ca me parait totalement naturel), mais penser que ca chose fondamentalement les choses est illusoire.

    M’enfin, il est de toute façon certain qu’une prise de conscience collective est essentielle durant (Et NON avant) toute transformation globale qui devra nécessairement passer par des projets bien plus vastes que ceux cantonnés à l’écologie.
    A chaque époque ses problématiques, mais il faut bien se rappeler que plus l’on avance dans le temps et plus elles sont destructrices et supposent des moyens grandissants …

  8. bibi le 1 nov 2009 | Répondre

    @miss Kan et @Karo

    Je partageais simplement avec vous ce que le film a provoqué en moi
    Vous n’y voyez aucune solution (enfin pour ceux qui l’ont vu)
    moi oui

    2 phrases ont été un déclic pour moi
    « préserver pour partager »
     »posséder pour exister m’a-t-on fait croire »

    Parce que l’on gâche objectivement beaucoup ici – quand d’autres ici et ailleurs n’ont pas accès à l’essentiel et que l’on sait pourtant que stock mondial de ressources naturelles est limité
    Parce que l’on juge trop souvent sa réussite ‘’sociale » à la seule quantité de biens matériels accumulés

    Je veux contribuer à ce que le toujours plus ne soit plus la norme ici
    et parce que la seule personne sur laquelle je peux avoir une influence c’est moi… je vais commencer par moi et résister aux yeux doux de la surconsommation

    bonne fin de journée

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