Bordel, Hackers ! C’est un peu LA référence cinématographique du genre. C’est encore avec l’esprit tout retourné, tout émoustillé que je commence à écrire ces quelques lignes. C’est mon adolescence qui refait surface. Mes premiers émois. Que celui qui n’a pas eu envie de faire la même chose me jète la première pierre. Pour lui répondre, je lui ferais bouffer par le nez les touches d’un vieux clavier Bull avec les ressorts, histoire qu’il comprenne qu’on ne se moque pas impunément de Hackers.
Ok, le film a prit un putain de coup de vieux. Il fait mal à la rétine. Même dans les années 90, il faisait déjà pitié. Mais bordel, que c’est kitch maintenant. Mais c’est toujours aussi bon, toujours aussi trippant. j’ai honte d’avoir rigolé en voyant le programme de RTL9 de ce soir. Honte d’avoir un seul instant, une seule seconde, pu mépriser ce monument du cinéma. Bon, faut dire, le titre traduit en français et ma mémoire me faisant défaut sur les images pixelisées que mon boitier ADSL me transmet gentiment ne m’ont pas aidé: Pirates du Cyberespace. Ouai, rien que ça. Mais c’était bien Hackers, l’unique.
On prend aussi une claque en ce rappelant que oui, il y a bien Angelina Jolie qui joue au pirate informatique avec son modem 28k et son Pentium 75. Toutes les stars doivent porter des tonnes de casseroles qu’elles ont dues tourner pour pouvoir se payer un BigMac le soir. Mais Angelina ne doit pas aujourd’hui mourir de honte avec ce souvenir qui a marqué toute une génération: Hackers. J’imagine qu’elle a du faire bien pire.
Hackers a quand même le mérite de lire une partie d’un texte plus que célèbre dans l’underground: The Conscience of a Hacker. Texte attribué à un pirate nommé The Mentor. Paru dans le n°7 de Phrack (celui qui ne sait pas ce dont nous parlons est prié de fermer cette page, d’arrêter son ordinateur, de prendre le cable RJ45 et de se pendre avec. Pour ceux qui sont en Wifi, merci d’avaler l’acide de votre batterie après l’avoir ouverte avec un ouvre boite). Ce texte lui aussi me rappelle mon adolescence … les lectures multiples, les zines … et MadChat.
MadChat, bordel, c’est une soirée revival 90′s. Ceux qui n’ont pas eu la chance de connaitre le site MadChat.org actif ont sans doute perdue l’une des merveilles de l’Internet français. Ce site était la vitrine, le centre, la référence de la culture underground française. Que sa fermeture m’a fait du mal. C’était un choc. Ce dire que je ne pourrais plus aller trainer des heures sur MadChat pour trouver des docs, des zines et d’autres perles … Une grande déception, c’est comme quand on fini une série, on se sent seul. C’était pareil pour MadChat.
La compréhension de l’underground est comme celle du Geek. On concept déformé, malmené, transformé. Le terme pirate est tellement galvaudé qu’il est aujourd’hui vain de tenter d’expliquer au pékin moyen ce qu’il en est.
Pour ceux qui n’ont jamais lu “The Conscience of a Hacker”, voici la traduction française. A lire avec la musique du jeu Dune, comme je le faisais quand j’étais plus jeune, sur MadChat. Le texte date de 1986. Traduction de NeurAlien le 8 septembre 1994.
Un autre s’est fait prendre aujourd’hui,
c’est partout dans les journaux.
“Scandale: Un adolescent arrêté pour crime informatique”
“Arrestation d’un ‘hacker’ après le piratage d’une banque”…
Satanes gosses, tous les mêmes.
Mais avez vous, dans votre psychologie en trois pièce
et votre profil technocratique de 1950,
un jour pense regarder le monde derrière les yeux d’un hacker ?
Ne vous êtes vous jamais demande ce qui l’avait fait agir,
quelles forces l’avaient modèle ?
Je suis un hacker, entrez dans mon monde…
Le mien est un monde qui commence avec l’école…
Je suis plus astucieux que la plupart des autres enfants,
les conneries qu’ils m’apprennent me lassent…
Je suis au collège ou au lycée.
J’ai écoute les professeurs expliquer pour la quinzième fois
comment réduire une fraction. Je l’ai compris.
“Non Mme Dubois, je ne peux pas montrer mon travail.
Je l’ai fait dans ma tête.”
Satane gosses.
Il l’a certainement copie. Tous les mêmes.
J’ai fait une découverte aujourd’hui.
J’ai trouve un ordinateur.
Attends une minute, c’est cool. Ca fait ce que je veux.
Si ca fait une erreur, c’est parce que je me suis plante.
Pas parce qu’il ne m’aime pas…
Ni parce qu’il se sent menace par moi…
Ni parce qu’il pense que je suis petit filou…
Ni parce qu’il n’aime pas enseigner et qu’il ne devrait pas être la…
Satanes gosses.
Tout ce qu’il fait c’est jouer.
Et alors c’est arrive…
une porte s’est ouverte sur le monde…
Se précipitant a travers la ligne téléphonique
comme de l’héroïne dans les veines d’un accroc,
une impulsion électronique est envoyée,
on recherche un refuge a l’incompétence quotidienne…
un serveur est trouve.
Vous vous répétez que nous sommes tous pareils…
On a été nourri a la petite cuillère de bouffe pour bébé
a l’école quand on avait faim d’un steak…
Les fragments de viande que l’on nous a laisse étaient pre-maches et sans gout.
On a été domine par des sadiques
ou ignore par des apathiques.
Les seuls qui avaient des choses a nous apprendre
trouvèrent des élevés volontaires,
mais ceux ci sont comme des gouttes dans le désert.
C’est notre monde maintenant…
Le monde de l’électron et de l’interrupteur, la beauté du baud.
Nous utilisons un service déjà existant,
sans payer ce qui pourrait être bon marché
si ce n’était pas la propriété de gloutons profiteurs,
et vous nous appelez criminels.
Nous explorons…
et vous nous appelez criminels.
Nous recherchons la connaissance…
et vous nous appelez criminels.
Nous existons sans couleur de peau, sans nationalité, sans dogme religieux…
et vous nous appelez criminels.
Vous construisez des bombes atomiques, vous financez les guerres,
vous ne punissez pas les patrons de la mafia aux riches avocats,
vous assassinez et trichez, vous manipulez et nous mentez en essayant
de nous faire croire que c’est pour notre propre bien être,
et nous sommes encore des criminels.
Oui, je suis un criminel.
Mon crime est celui de la curiosité.
Mon crime est celui de juger les gens par ce qu’ils pensent
et disent, pas selon leur apparence.
Mon crime est de vous surpasser, chose que vous ne me pardonnerez jamais.
Je suis un hacker, et ceci est mon manifeste.
Vous pouvez arrêter cet individu, mais vous ne pouvez pas tous nous arrêter…
après tout, nous sommes tous les mêmes.
Voilà. Non, je ne suis pas cinglée.
J’aurais pu vous parler d’Inception. J’aurais aussi pu vous parler de Phénomènes paranormaux ou encore de The Expandables. J’ai même oublié de vous parler de Splice. Bah j’ai préféré ce soir vous parler de Hackers, un film aujourd’hui culte des années 90.
La vielle conne a fini de vous faire chier !



ça reste quand même un beau navet ce film…
Je pense que je garderai toujours en tête la scène de hackage en tête tellement j’avais trouvé ça splendide à ma première diffusion et tellement j’en rigole aujourd’hui. UNE référence.
Merci pour le revival…
Ca ne nous rajeunit vraiment pas ce film. Mais j’en ai de bon souvenirs ! Ca donné envie de pourvoir faire la même chose à l’époque !
Vous avez remarqué comme certaine choses nous tiennent à cœur malgré leur qualité plus que douteuse ? Dire qu’a l’époque on été captivé par se même film. Maintenant effectivement c’est plus par nostalgie qu’autre chose, cela tiens aussi du fait que les films sur se type de sujet ne sont pas légion non plus.
En tout cas c’est toujours agréable de voir qu’on est pas le seul à a voir été hypnotisé par une connerie dans son enfance ;) Merci pour le flashback
Ouai merci pour le flashback … ce film sont ambiance des année 80 … et les zines , MadChat … que de souvenir, que de temps passé aussi :)
Rah la la …
Hackers… je crois que je vais me reregarder le DVD (que j’ai forcément) …
Quand au texte de The Mentor .. c’est toujours le même long frisson quand je le lis, la même sensation magique ….
Merde, merci pour ce billet la miss.
Nous sommes pareils ^^ c’est fou comme tu as raison :D
Le film quand j’étais gosse, The Conscience of a Hacker et la musique de dune…
c’est possible qu’on soit jumeaux …
J’t'ai répondu sur mon blog ! ^^