arcade joystick bartop

Le retrogaming, bien plus qu’un phénomène de nostalgie

Si les débuts de l’arcade remontent aux années 70 avec l’arrivée des bornes payantes – plus communément appelées bornes d’arcade -, le retro gaming ne peut se réduire à un simple phénomène nostalgique. Parmi les amateurs de jeux-vidéos, beaucoup ne sont pas nés dans les années 70 ou 80 et peu ont connu les premiers bartop comme Pong ou Spacewar , des jeux emblématiques connus des gamers plus âgés.

Le Rétro-gaming surfe sur la nostalgie des joueurs, et leurs souvenirs de gosses à la salle d’arcade ou devant leur télé cathodique de l’époque sur les premières consoles de jeux en 8-bits mais ce phénomène correspond également à une recherche de Gameplay plus dynamique et semble répondre, selon moi, à un désir conscient ou inconscient de ré-enchantement des joueurs.

Retro gaming : Nostalgie quand tu nous tiens !

Si les émulateurs d’anciens jeux ou d’abandonware sont apparus quelques années après la démocratisation des ordinateurs grands publics et consécutivement par le développement de programmes d’émulation informatique, le retrogaming, au niveau de son engouement actuel, est un phénomène relativement récent.

Sur un plan personnel, ma première « crise » de retrogaming se situe en 1996 (autant dire que ça remonte à loin), lorsque je me suis rendu à Dock Games au centre de Lyon pour me faire payer mon Destruction Derby et mon Wipeout de Playstation one – que j’avais en double en version « Black Disk » -, je suis tombé sur quelques cartouches de jeux Megadrive auxquels je n’avais pas eu le loisir ni les moyens de me les procurer à l’époque. Je me souviens du visage et des yeux écarquillés du vendeur lorsque je suis revenu à son comptoir quelques minutes après pour lui déposer mes cartouches de Landstalker, Dragon ball z : l’appel du destin ou encore Legend Of Thor XD.

Petite crise passagère rapidement passée après l’arrivée de quelques grands hits comme Crash Bandicoot ou Final Fantasy 7. Pour d’autres, la crise de nostalgie est plus tardive et plus profonde en ceci que plus qu’un ancien jeu, c’est toute une atmosphère que l’on désire retrouver. Si l’achat compulsif de veilles cartouches Nintendo ou si les émulateurs n’arrivent pas à calmer vos ardeurs de vieux routards du joystick, d’autres plus exigeants veulent retrouver les sensations de jeux directement sur bornes d’arcades. Encore faut-il pouvoir en trouver une, ce qui n’est pas à la portée de n’importe quel quidam.

A Lyon, il existe un lieu incontournable pour différents profils de gamers comme www.lyon-flipper.com où l’on y trouve des bornes d’arcades retrogaming haut de gamme si vous désirez pousser le retro-gaming jusqu’à ses derniers retranchements ! Jouer sur un bartop avec des joysticks est incomparable à un émulateur sur son ordinateur en termes de sensations et d’ambiance. L’effet nostalgie s’en trouve totalement décuplé, et pourquoi pas pour les plus vieux d’entre vous, s’essayer aux fameuses « babasses » virtuelles.

borne arcade bartop lyon flipper
bartop XL Deluxe, une borne d’arcade haut de gamme

A la recherche du Gameplay perdu ?

Le désir de nostalgie est indéniable mais me semble insuffisant pour expliquer le succès du retrogaming à mon sens. Il semble correspondre à une véritable « crise de gameplay » tant les cinématiques en images de synthèse ont pris de l’importance voir de l’omniprésence au sein des jeux.

Il est rare aujourd’hui d’avoir des ampoules après quelques heures de jeux, même s’il faut reconnaitre que la qualité des pads y est pour quelque chose. Depuis maintenant de nombreuses années (l’arrivée de la Playstation 2 à mon sens), la tendance rend les joueurs beaucoup plus passifs face à leurs manettes…Je me souviens notamment de Metal Gear Solid 2 sur playstation 2. A l’époque, j’avais été choqué du temps passé à poser ma manette ! Il était inconcevable à une certaine époque qu’un joueur puisse poser sa manette pendant quelques minutes pour voir se dérouler la suite de son jeu, « à l’époque on ne chômait pas » comme on disait dans le temps ^^. Ceci est d’une certaine manière, également valable pour les jeux vidéo.

La notion de performance et de plaisir qui sont indissociables, semble quelque peu manquer aux jeux les plus récents ; elle peut-être une des explications de l’attirance de certains joueurs pour des gameplay appelant à beaucoup plus d’actions. Le succès des jeux de plateaux correspondent à d’autres besoins évidents (sociaux, culturels) que nous ne développerons pas ici.

Le retrogaming et le désir d’enchantement

Il est indéniable que l’arrivée de la 3D a continuellement complexifié l’expérience et l’immersion au sein de nos jeux. Mais toute innovation connait son ambivalence, son « retour de balancier ». Cette immersion toujours plus poussée des jeux vidéo se parachève aujourd’hui, avec l’arrivée des casques à réalité virtuelle ou autres lunettes Oculus. Cette tendance est à l’opposé voir en sens inverse au phénomène du retrogaming. Les jeux en réalité virtuelle s’apparentent bien davantage à un film interactif qu’à un réel jeu vidéo. Même si ce dernier point peut être discuté, le plus ennuyeux à notre sens est la part d’imaginaire qui disparait totalement avec ce genre de dispositif interactif.

Les anciens jeux vidéo (époque 8/16bits) ont ceci de particuliers qu’il propose tout un univers relativement minimaliste d’un point de vue graphique. Le pixel art peut être considéré comme une sorte d’invitation à l’imagination, c’est particulièrement le cas pour les jeux de rôle playing game où le joueur s’imagine tout une partie de l’univers qui n’est pas à l’écran et participe à l’univers suggérée. Le pixel art est une sorte de mise en forme, une invitation à l’enchantement où les figures approximatives, ont ce pouvoir de suggestion que n’a pas ou peu la 3D.

Le pixel est comme une sorte de grain sur lequel vient se greffer le regard du joueur. Ce regain d’intérêt pour le pixelart semble correspondre à un désir d’enchantement – conscient ou inconscient – de la part de nombreux joueurs.
Tout ceci disparait avec le photoréalisme des jeux vidéo et plus encore avec l’interaction physique du joueur même si l’action en jeux semble de retour. Mais c’est un débat qui ne manquera pas une fois de plus de diviser les joueurs.

Le retrogaming, bien plus qu’un phénomène de nostalgie
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